« La Neuvième est une œuvre que tout le monde croit connaître. C’est précisément ce qui la rend fascinante. La question aujourd’hui n’est peut-être pas de savoir comment la jouer, mais plutôt comment l’écouter. Que reste-t-il aujourd’hui de la force de cette musique, deux cents ans après sa création ? Et comment retrouver, derrière le monument, l’expérience d’écoute que cette œuvre a pu représenter pour ses premiers auditeurs ? » (Raphaël Pichon)
En 2027, deux anniversaires se répondent de manière saisissante : les deux cents ans de la mort de Beethoven et les soixante-dix ans du traité de Rome, l’un des textes fondateurs de la construction européenne moderne.
La Neuvième Symphonie occupe depuis longtemps une place singulière dans notre imaginaire collectif. Œuvre-monument, œuvre-symbole, œuvre célébrée, citée, utilisée, commentée, elle accompagne les grands moments de l’histoire européenne depuis près de deux siècles. Son finale est devenu l’hymne officiel de l’Union européenne ; son message de fraternité semble avoir dépassé depuis longtemps le cadre du concert.
C’est précisément pour cette raison qu’elle mérite aujourd’hui d’être interrogée. Que reste-t-il de la puissance de ce geste ? Que reste-t-il de cette utopie, de cette aspiration collective portée par l’Ode à la joie ? Et surtout : sommes-nous encore capables de l’écouter ? La familiarité peut parfois devenir un obstacle. La distance de la langue, le caractère emblématique de l’œuvre, l’impression de déjà la connaître peuvent finir par masquer ce qu’elle a encore à nous dire. Or la Neuvième n’est pas une œuvre confortable. Elle ne raconte pas une victoire acquise. Elle raconte une conquête.
Pygmalion développe autour des grandes œuvres du répertoire l’idée du prologue : créer les conditions d’une écoute renouvelée, ouvrir des perspectives, proposer des chemins d’approche. Les différents concerts de ce cycle Beethoven 9 constitueront autant de manières de redécouvrir cette partition et de retrouver quelque chose de l’étonnement qu’elle a pu susciter lors de sa création.
Programme Philharmonie de Paris
Arthur Honegger, Symphonie n° 3 « Liturgique » ; Dies irae
Ludwig van Beethoven, Trois Equales pour quatre trombones, WoO 30 ; n° 2 Poco Adagio
Igor Stravinski, Chant funèbre
Charles Ives, The Unanswered Question
Arnold Schönberg, Friede auf Erden
Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 9 en ré mineur op. 125 « Hymne à la joie »
