
Évènement exceptionnel : Pygmalion fait ses débuts en Australie dans le cadre d’une résidence à l’Adelaide Festival (27 février-6 mars).
La guerre de Trente Ans a ravagé l’Allemagne au début du XVIIe siècle. Les populations traumatisées par les violences du conflit ont besoin de consolation et d’espoir. La foi protestante s’affirme alors comme un rempart à cette mort qui rôde au quotidien.
Ces bouleversements politiques, économiques et spirituels trouvent écho dans la musique de l’époque. Aux grandes polyphonies du siècle passé répondent des formes beaucoup plus intimes, inspirées par le courant des piétismes qui incite à une foi individuelle et à une vie pieuse. On voit apparaître des Trostlieder (des chants de consolation), la musique devient la langue de l’âme, celle capable de calmer les plus profondes afflictions. Les textes et les mélodies sont conçus pour le sentiment et l’édification du chrétien.
Ces courtes pièces, qui nous bouleversent par leur humilité, concentre une intensité émotionnelle rare. Et pourtant, malgré le thème du deuil, de la peine et des pleurs qu’elles abordent, elles ne cessent de propager une lumineuse clarté et une confiance sereine dans l’avenir. La mort n’est que le seuil d’une délivrance et d’une félicité éternelle.
Le jeune J.S. Bach sera fortement influencé par ces miniatures comme on peut le voir dans les premières cantates qui nous sont parvenues.