Au soir de son existence, une femme s’enfonce dans la nuit de son ultime voyage et parcourt à rebours les différents âges de sa vie. Comme son ombre portée, c’est maintenant la création entière qui se redéploie depuis son origine, à travers la litanie implacable de toutes les choses qui ne sont plus. Mais voici qu’une chaîne humaine fraternelle et festive vient jeter ses forces dans la bataille, se consumant avec toute l’énergie joyeuse du vivant. Peu d’œuvres auront suscité autant de commentaires que cet ultime Requiem. De son long compagnonnage avec la mort, Mozart tire un testament à la portée universelle, faisant entendre l’inquiétude de l’homme et la terreur du cosmos mais dessinant aussi la voie d’un apaisement vers la lumière. Pour Romeo Castellucci, la finitude donne à chaque chose son prix et à l’œuvre d’art, sa beauté. Raphaël Pichon offre à cette page célèbre un cadre d’écoute inédit, à la tête d’une nouvelle génération de chanteurs et des forces musicales de Pygmalion dont la performance hors du commun délivre un concentré de toute notre humanité.

Revue de presse
« La messe des morts devient une ode à la vie. À Aix, Romeo Castellucci et Raphaël Pichon proposent une expérience de la finitude en s’emparant de l’œuvre inachevée de Mozart. Secondé, voire accouché par le chef Raphaël Pichon, fasciné par les visions du metteur en scène et audacieux dans son tricot musical (incorporant au Requiem des œuvres de jeunesse et du plain-chant), par ailleurs remarquablement interprété sur instruments d’époque. » (Guillaume Tion, 4 juill. 2019)
« Le metteur en scène Romeo Castellucci et le chef d’orchestre Raphaël Pichon signent un Requiem de Mozart époustouflant au festival lyrique d’Aix-en-Provence. (…) Le plateau se lève, la vie glisse et change de plan, le vertical remplace l’horizon et la révolution remet les choses en place. Mozart naît encore et encore. » (Brigitte Hernandez, 9 juill. 2019)
« En ouverture du Festival d’Aix-en-Provence, Romeo Castellucci et Raphaël Pichon réinventent génialement le Requiem de Mozart. Convaincus de sa portée théâtrale, ils en font la mémoire vivante des grandes disparitions dans le monde et placent au cœur de sa représentation la danse et l’enfance comme sources de régénérescence. Ce Requiem cyclique et contemplatif est évidemment porté avec majesté par la musique. Raphaël Pichon a augmenté la partition de chants grégoriens d’une puissante solennité et de raretés du jeune Mozart. Le chef dirige superbement son propre ensemble Pygmalion, plein de ferveur, d’apaisement, de souplesse et de virtuosité. » (Christophe Candoni, 6 juill. 2019)