
Dans le cadre des Chemins de Bach, épopée musicale sur les traces de Johann Sebastian Bach (20 mai-30 mai 2026)
Le dernier épisode de cette épopée se déroulera aux confins de la Baltique, dans la ville de Lübeck, point d’arrivée du voyage entrepris par J.S. Bach en 1705. Après avoir traversé le lac de Ratzeburg en bateau, la troupe entreprendra une dernière marche de 20 km, pour entrer à pied dans l’ancienne capitale de la ligue hanséatique. Après un concert à l’église Sankt Jacobi, Pygmalion clôturera ces Chemins de Bach avec la messe totale, la Messe en si mineur BWV 232 de J.S. Bach, dans l’église de Butxehude, la Marienkirche.
La fin de ce voyage coïncidera avec l’anniversaire des 20 ans de l’ensemble !
« Un ré. Terriblement aigu, tierce désespérée du ton de si mineur, outrepassant les cimes de la clé de sol. Une note extrême, criante, stridente, pourtant interdite, proscrite en ouverture de toute œuvre.
Quel interprète n’a pas été saisi à la découverte de la partition de la Messe en si mineur par cette toute première note donnée par Bach aux premiers violons ? Kyrie… Kyrie… Kyrie eleison ! C’est bien par un cri se permettant déjà les extrémités interdites de la tessiture, un cri de l’humanité tout entière, un exorde d’une urgence purement tragique, que s’ouvre cette œuvre-somme, sans précédent par ses dimensions dans notre histoire. Synthèse visionnaire de l’art d’un homme qui donne ici plus qu’ailleurs un sens au monde dans lequel il vit, et nous révèle tout ce qui se trouve au-delà.
Trente années de gestation, trente années d’une vie laborieuse au soir de laquelle la diversité de ses créations semble rassemblée dans un ordre total. Une oeuvre mosaïque, aux origines éclectiques, d’une unité toutefois neuve et lumineuse. Se retournant sur une vie riche de mille langues, voici une oeuvre désormais “Pentecôte”, qui tire sa profondeur de la diversité de ses langages. Un véritable testament oecuménique, en quête d’une synthèse des mondes, par la tolérance, l’assimilation et l’intégration de tous. Trente ans d’obligations, de contraintes et de servitude, dont Bach semble ici prendre congé pour laisser place à l’embrassement de l’universel. » (Raphaël Pichon)