
Orphée et Eurydice
Christoph Willibald Gluck
Opéra en 4 actes, 1762. Version de 1859 par Hector Berlioz, Livret de Pierre-Louis Moline.
Messager des dieux, Amour annonce à Orphée qu’il peut aller chercher Eurydice aux Enfers. Son chant a le pouvoir d’apaiser les Furies et d’animer les Ombres heureuses. Mais sa voix ne peut rassurer Eurydice que désespère la feinte indifférence d’Orphée, ainsi mis à l’épreuve par Jupiter…
Orphée et Eurydice bouleversa l’Europe des Lumières. Adorateur de Gluck, Berlioz fit la synthèse des versions italienne et française d’origine à l’attention de Pauline Viardot, dont la voix pouvait faire revivre l’art disparu des castrats pour le public romantique. La beauté de l’œuvre doit autant à l’intensité des échanges qu’à l’éloquence de l’orchestre et à l’implication spectaculaire du choeur. Raphaël Pichon dirige l’opéra des opéras et Aurélien Bory déploie les vertiges des espaces que parcourt Orphée, mentaux, supranaturels et d’au-delà.
« Écoutez le premier tableau funèbre, proche des plus intenses moments d’une Passion
de Bach ! Écoutez l’intensité de l’ultime plainte « J’ai perdu mon Eurydice », pourtant
écrite… quelle gageure unique, en ut majeur ! Orphée permet aussi d’appréhender avec
quel génie Gluck s’appropriait et combinait les styles nationaux. L’oeuvre est pleine
d’italianità par la souplesse et l’expressivité de son écriture vocale. Gluck a par ailleurs assimilé les différentes signatures de l’art français. » (Raphaël Pichon)
Filmé le 16 et 18 octobre 2018 à l’Opéra-Comique.
Réalisation : François Roussillon.
Production FRA Prod.
La presse en parle
« Orphée et Eurydice, vertige musical. Tel Orphée, Raphaël Pichon va chercher la musique jusqu’au tréfonds du son, en extrait le minerai du deuil, allégeant le sombre de la douleur en l’arpégeant d’espoir. Le puissant modelé de la phrase, le permanent enjeu expressif, la recherche des équilibres sont d’une intelligence dramaturgique qui donne le vertige, jusque dans les saisissants effets de spatialisation entre trombones et trompettes, empreinte berliozienne. » (Marie-Aude Roux, 16 octobre 2018)
« Envoûtant Orphée et Eurydice à l’Opéra-Comique. Musicalement, on peut difficilement espérer mieux. Marianne Crebassa, rappelle quelle douloureuse majesté peut déployer sa belle voix de mezzo-soprano. (…) Dans la fosse et sur scène, le chœur et l’orchestre Pygmalion se montrent exemplaires de justesse, d’homogénéité, de couleur et de nuance. On admire autant la netteté des voix que l’élégance des phrasés des vents (flûtes, bassons) menés avec un sens millimétré de la narration et du contraste par Raphaël Pichon. » (Philippe Venturini, 17 octobre 2018)
« Un Orphée et Eurydice plein de surprises ! L’Axe étonnant qui fait le prix de ce spectacle tient dans la façon avec laquelle Raphael Pichon tire cette partition classique vers des couleurs rares. Ce chef venu du baroque, à la tête de sa formation, Pygmalion, sur instruments d’époque et cordes boyaux, donne à cet Orphée un timbre rond, boisé. » (Guillaume Tion, 19 octobre 2018)
« L’Orphée et Eurydice de Gluck monté par Aurélien Bory et Raphaël Pichon nous ouvre des horizons poétiques insoupçonnés. Un spectacle profondément original. » (Christian Merlin, 18 octobre 2018)
« Casting mêlant grandes stars et jeunes talents, mise en scène pleine d’épure, de sensibilité et de fulgurations géniales, et Raphaël Pichon à la tête d’un irréprochable ensemble Pygmalion : à l’Opéra-Comique, la nouvelle production d’Orphée et Eurydice de Gluck est en tout point exemplaire. Chaque instrumentiste de l’ensemble Pygmalion fait montre d’une grande sensibilité associée à une rigueur sans faille. Ainsi la flûte ose les pianos les plus ténus, avec sa célèbre mélodie en solo, d’une délicate profondeur (le tout dans le noir complet !). Au moment des applaudissements, elle ne sera pas moins ovationnée que Marianne Crebassa, nous rappelant de la plus belle des manières que les musiciens dans la fosse sont eux aussi de grands artistes. » (Pierre Liscia-Beaurenaut, 15 octobre 2018)
« Black Mirror à l’Opéra Comique. Dans la mise en scène d’Aurélien Bory, l’immense miroir noir comme le deuil infesté d’ombres et de regrets, grand comme la scène de l’Opéra Comique reflète le terrible drame d’Orphée et Eurydice mis en musique par Gluck. Chœur et orchestre sont à l’unisson pour cette musique, sublime de la première à la dernière note. La justesse est parfaite, dans les fréquences, les rythmes, comme les intentions (les gestes des instrumentistes comme les mouvements du chœur sur la scène). » (Charles Arden, 12 octobre 2018)